Il suffit parfois d'un croisement de regards, d'un sourire, d'une complicité silencieuse pour qu'une relation creuse ses fondations. On voit là les premières lueures d'un printemps qui s'annonce entre deux personnes... comme un petit arbuste qui plonge faiblement ses racines dans la terre.
Des graines qui dorment depuis longtemps en hibernation finissent par germer et éclore. La vie s'éveille alors dans un nouvel essor, une fraîcheur exquise qui ravive nos coeurs.
Puis le temps passe et l'herbe d'un vert flamboyant brille sous la chaleur d'un été de l'âme. La relation s'endurcit, semble solide et chacun profite des ces instants de magie qui leur sont offert. L'insousciance est là, avec sa douce naïveté dans sa légèreté de vivre, dégustant chaque instant sans penser aux lendemains incertains. Vivre tout simplement. Partager, naturellement! Ecouter l'autre avec intéret, sans jamais le juger. Voir en l'autre ses plus beaux côtés et vanter ses qualités. Se laisser aller dans la paix sans jamais douter, suivre le chemin où l'on veut y voir notre destin. Découvrir l'autre dans la joie où la colère, ne jamais mentir ou éronner des informations, lui donner la même chose qu'on attend de lui. Ne jamais cacher, parler avec confiance, se dresser contre l'adversité pour prolonger l'été mais...
...Un souffle du nord annonce les prémices de l'hiver; il en est ainsi pour les saisons et pour l'âme humaine. Nul homme ne fait la loi des cycles, il l'a subit tout simplement. Un mot, une phrase, une douleur et tout bascule. L'âme humaine est si fragile, si superficielle dans son paraître ou d'une profondeur que l'on cache honteusement comme si "Être" véritablement était un blasphème.
Alors le vert de l'été perd de sa splendeur. Sa clarté succombe aux couleurs d'une mort prochaine. Les feuilles des arbres rougissent ou jaunissent avant de faner. Le vent est plus frais et le soleil omniprésent. La pluie se déverssent comme autant de larmes qui s'échappent de nos yeux dans une rassurante amertume. C'est l'automne de l'âme humaine. On se bat alors, on se débat. Certains insistent pour lutter contre, d'autres ne font rien... ils laissent aller avant que ne s'installe le désintéret. Mais la lutte s'acharne toujours plus mais dites-le moi, que peux faire une âme humaine contre un raz-de-marée. Insister, persister, combatre avec acharnement, seul; puis s'essouffler, se fatiguer, se lasser et s'éloigner.
Quand tout intérêt a disparu, par lassitute ininterrompue; alors l'hiver se loge dans l'âme humaine. Les bras, lourds d'avoir portés, finissent par tomber le long du corps. L'extase, dans l'ivresse du partage, s'évanouit. Quelques sourires subsistent quand même par politesse d'esprit mais le froid a déjà tué la vie.
Tout est fini!
Mais l'âme humaine est pleine d'amour. Toujours, elle surmontera la solitude tant qu'elle ne chérira pas sa "tendre" fierté, l'ombre de son égo, tant qu'elle osera regarder ailleurs que vers ses intérets.
... L'être humain ne tient jamais à ce qu'il a mais regrette toujours quand il l'a perdu. Drôle de paradoxe!
Le froid glace son coeur et assombrit son esprit puis un jour, au détour d'un regard inattendu où il se perd avec plaisir, les premières lueures d'un nouveau printemps s'annonce. Ainsi va le cycle qui ne demande qu'à être boucler.
C'est à nous de choisir.
A méditer...


