Et puis ces mythes polysémiques nous ont transmis la sensibilité de nos ancêtres Celtes. Ce que peu de sources ont fait, à part quelques chansons, vestiges archéologiques ou trésors familiaux.
Le meilleur mode de transmission du mythe, c'est encore le passage oral. Je pense qu'il faut être sensibilisé à cette formidable source de créativité dès l'enfance. Plutôt que de coller son gosse devant une vidéo ou un jeu électronique, mieux faut éveiller satisfaire sa naturelle curiosité et le mettre en possession de son héritage multimillénaire. Récits merveilleux, séances de cuisine, bricolage, découverte du monde animal et végétal, voilà ce qui réjouit leurs coeurs purs ! Il me semble d'ailleurs que nos mythes sont particulièrement mal compris et enfermés dans des clichés prémachés hypercommerciaux par le rouleau-compresseur Disney (et assimilés).
La seule image que le grand public ait des contes de fées, c'est c'elle d'une fantaisie rose-bonbon digne des patisseries chimiques de nos amis anglais. La seule image du Celte = Astérix. Les hommes préhistoriques = des débiles déformés vétus de peaux de bêtes mal ajustées (à se demander comment ils ont survécu au froid). Et je ne parle pas des clichés concernants les spiritualités alternatives ou la pensée écologique. Je crois qu'il est temps d'en finir avec ces contre-vérités à sens unique diffusées par les mass-médias (et surtout la pub, spécialisée dans les racourcis faciles).
Je ne critique pas le cinéma ou la télé en tant que tels. Je dis seulement que ce sont des outils malheureusement utilisés à des fins manipulatoires. On peut exercer une activité commerciale en sortant des sentiers battus et en faisant de la qualité. Quelques films et quelque reportages le font et c'est un bon début. Il faut utiliser ces supports pour remplacer la bêtise des images mercantiles par l'immense richesse de notre fond commun.
Que de possibilités imaginaires nous offrent les mots du conte ! Que de rituels magiques, de gestes emblématiques, de paroles-force tiennent-ils cachés en leurs entrelacs ! Quelle besace enchantée pour des Bardes, Ovates et Druides : Combien nous y puisions au cours de la veillée, celle-ci est toujours pleine au matin !

L'uniformité et la stagnation tuent le mythe
