"LONDRES, le 9 février (Reuters) - Si rien n'est fait dans les vingt prochaines années pour stopper les émissions de gaz à effet de serre, le monde ira à sa perte, préviennent des scientifiques britanniques.
Pour ces experts, dont le conseiller spécial du Premier ministre britannique, les preuves attestant d'un réchauffement catastrophique de la planète sont aujourd'hui "indiscutables" et l'inaction des politiques inacceptable.
"Le changement climatique est plus grave que nous ne le pensions et nous devons agir maintenant", a déclaré Henry Derwent, conseiller spécial de Tony Blair pour les questions climatiques.
Ce cri d'alarme a été lancé lors de la présentation à la presse d'un ouvrage collectif, "Avoiding Dangerous Climate Change" (Eviter le danger d'un changement climatique), auquel ont participé des climatologues, des océanographes, des économistes et des responsables politiques.
Pour Rachel Warren, chercheuse au Tyndall Centre for Climate Change Research, le pic d'émission de dioxyde de carbone doit intervenir au plus tard en 2025 sous peine d'une catastrophe.
Les températures moyennes relevées à la surface du globe sont déjà supérieures de 0,6°C aux moyennes de l'ère pré-industriel, a-t-elle dit lundi soir.
Une augmentation supplémentaire de 0,4°C aurait des conséquences catastrophiques : destruction des barrières de corail, inondations en Himalaya et danger de famine pour des millions d'êtres humains. Une augmentation supplémentaire de 0,4°C aurait des conséquences catastrophiques (destruction des barrières de corail, inondations en Himalaya et danger de famine pour des millions d'êtres humains).
Si la hausse est de 3°C, la moitié des projections maximales pour ce siècle, alors 400 millions de personnes seront confrontées à la faim, des espèces animales disparaîtront et des maladies comme la dengue prendront des proportions pandémiques.
"Pour éviter tout cela, il faut que les émissions globales atteignent un pic en 2025 puis reculent de 2,6% par an", a-t-elle dit.
"Mais même dans ce cas nous serions probablement confrontés à une augmentation de 2 degrés en raison du délai de latence. Nous devons par conséquent commencer à nous préparer à nous adapter", a-t-elle ajouté.
La première phase du protocole de Kyoto arrive à échéance en 2012, et les négociations pour la seconde phase n'en sont qu'à leurs débuts. Les Etats-Unis, premier pollueur de la planète, ont rejeté le protocole et créé un Partenariat Asie-Pacifique pour le développement propre avec l'Australie, l'Inde, la Chine, le Japon et la Corée du Sud."
Source: http://info.aol.fr/dossier.jsp?id=30566
